Polyquity a rassemblé, depuis sa création, mais surtout depuis l'été 2020, des témoignages d'étudiant.e.x.s de l'EPFL sur des expériences de sexisme, agressions sexuelles, harcèlement sexuel, racisme, homophobie et transphobie. Ces témoignages sont exposés ici, sur notre compte @payetonepfl et certains dans nos vidéos

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  • Ressources victimes: les différentes ressources à l'EPFL pour les victimes et témoins sont disponibles sur notre site web ici.

Témoignages:

Sexsime: (TW sexisme)

(BA, Mathématiques): Durant cette même première année, certains garçons m'ont clairement dit mot pour mot que les femmes avaient moins de capacité pour faire des sciences que les hommes, car elles avaient en moyenne un QI inférieur à celui des hommes et que certaines études le montraient. Et plus généralement j'ai fait l'expérience comme beaucoup d'autres filles de ce préjugé comme quoi les filles sont moins intelligentes que les hommes : lorsque je suis passé au second semestre, des garçons qui ne sont pas passés ou qui avaient des notes similaires aux miennes ont dit que je méritait pas mes notes car j'étais trop conne ou parce que je ne savais pas coder, ou que je passais grâce à la chance mais qu'ils comprenait pas comment une fille aussi conne que moi pouvait passer. Et lorsque que je travaillais en groupe la majeur partie du temps les garçons n'écoutaient pas ce que je disais et pensais que je n'avais rien d'intelligent à dire.
(MA, Mathématiques): J'étais en deuxième année bachelor, et j'étais assistante à un cours d'analyse pour mathématicien.ne.s en première année. L'assistant principal a affirmé à toute la salle que "c'est un fait, les filles sont moins fortes que les garçons en maths."
(BA, Sciences de la Vie): En sortant de la soirée Artiphys en bachelor, un groupe d'étudiants hommes trainaient devant la sortie et m'accostent. J'ai eu peur parce qu'ils étaient beaucoup plus que moi et que je voulais juste atteindre mon vélo pour rentrer. Ils me regardent, m'interpellent, mais je fais comme si de rien n'était et vais vite à mon vélo, mais contrôle qu'ils ne me suivent pas. Ils continuent à me hurler des trucs et un malin me demande où je dors ce soir. Je me permets de m'énerver et riposter seulement une fois que j'ai atteint mon vélo et que je peux vite partir au cas où ils s'énerveraient.
(MA, Data Science): l’année passée pendant mon assistanat de physique, à chaque fois que j’allais répondre à des questions dans une zone où se trouvait un autre assistant, cet assistant passait après vers les étudiant.e.s pour demander s’ils.elles avaient bien compris mes explications. Il ne le faisait qu’avec moi.
(BA, Informatique): Dans un cours de SHS où le prof s’apprêtait à écrire des formules mathématiques au tableau, il lance: “Vous inquiétez pas les filles, c’est des maths faciles
(MA, Informatique): En soirée l'année dernière, un garçon que je venais de rencontrer pour la première fois, m'a expliqué pendant 30 minutes que c'est normal qu'il n'y ait pas beaucoup de femmes a l'EPFL, et que c'est une réalité physique que notre QI est moins élevé. Quand je lui ai dit que j'étais en master alors que lui redoublait sa deuxième année, il m'a dit que je devais probablement être une exception, et que c'était pas très naturel pour moi de m'intéresser aux sciences. Je me suis sentie très agressée par cette interaction avec un inconnu, et j'ai quitté la soirée au bord des larmes.
(Sciences des Comunications): Pendant les dernières révisions je travaillais au Rolex. En août. J’étais sortie pour passer un appel et en re rentrant dans le Rolex un mec m’a dit “tu devrais mettre un pantalon il faut pas se plaindre de ce qui va t’arriver”. J’étais en short et t-shirt comme tout le monde avec la chaleur. Je n’ai même pas vu qui c’était mais ils étaient en groupe et personne n’a rien dit. J’étais tellement choquée que j’ai repris mes affaires et je suis rentrée chez moi j’avais juste envie de me cacher. Je ne suis plus retournée sur l’EPFL de toutes les révisions.
(BA, Microtechnique): En deuxième, le prof de physique nous demande où on peut trouver du carbone dans la nature? Il interpelle une étudiante pour répondre. Elle mentionne le méthane, le CO2, etc. Le professeur rigole, et dit qu'il s'attendait - vu que c'est une fille - à ce qu'elle mentionne le diamant. La quasi-totalité de l'auditoire applaudit.
(MA, Microtechnique): En Master, lors d'une intervention dans un cours de mineur, l'intervenant dit, d'un ton moqueur en regardant la précédente intervenante: "même les femmes peuvent être leader". Plus tard, un autre intervenant parle de langage corporel: "...et si une femme se tortille les cheveux quand vous parlez, les gars, vous l'avez dans la poche".
(BA, Microtechnique): Les innombrables fois où je me suis sentie débile face à des assistants étudiants qui me prenaient de haut.
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(BA, Microtechnique) Tous les exemples en séance d'exercices ou Monsieur X est manager et Madame Y est secrétaire.
(BA, Microtechnique): À un week-end de ski de Microtechnique, lors de la soirée, un groupe d'hommes cis est venu m'encercler sur la piste de danse pour me faire peur. Ils se sont rapprochés de moi doucement jusqu'à je ne puisse plus sortir du cercle sans les pousser violemment. Après les avoir violemment confrontés et avoir obtenu comme unique réponse, "rooh c'est une blague", j'ai pleuré de colère (détail important pour la suite). Quelques jours plus tard, en marchant dans le Rolex, je vois une "To do list" du week-end sur un tableau d'une bulle. Dedans il y avait quelques actions reconnaissables qui s'étaient produites au week-end, par ce même groupe d'hommes dont "Faire semblant de chier dans la chambre de filles" et "Faire pleurer une fille". Les deux étaient cochées, comme beaucoup d'autres actions discriminantes et stupides. Le fait que ces actes soient prémédités m'a profondément choquée.
(BA, Physique): J’ai eu la remarque à plusieurs reprises, par des étudiants plus âgés ou des collaborateurs, que j’étais "jolie pour une fille en physique" ou que "à mon époque les filles en physique ne ressemblaient pas à ça" ou que "ah bah les filles de physique sont plus jolies que les filles de méca... dont on n’est même pas vraiment sûrs qu’elles soient des filles" surtout en première année.
(BA, Physique): Un collaborateur passait et me voyait fouiller dans mon sac pour chercher ma Camipro. Il m’ouvre alors la porte et me dit "alala les filles et leur sac c’est toute une histoire"

Harcèlement sexuel: (TW harcèlement)

(BA, Mathématiques): Durant ma première année, j’ai subi beaucoup de blagues humiliantes concernant ma petite poitrine et mes fesses de la part des étudiants hommes de ma section. C’est devenu si insistant qu’au deuxième semestre j’ai fini par m'asseoir toute seule en amphi pour ne plus avoir à les entendre.
(MA, Mathématiques): J'étais à une soirée et un mec bien lourd m'a collé et tenté de me draguer toute la soirée. Je faisais que de dire non et de montrer mon désintérêt. Il me touchait tout le temps et me prenait par la taille alors que je lui demandais de partir. A un moment on était en cercle entrain de parler avec d'autres gens, il est venu derrière moi et m'a pris pas la taille. Et là j'ai gueulé en lui disant "je t'ai dit non! arrête!" et là: gros silence, tout le monde dans le groupe m'a regardé bizarrement, et je me suis sentie bête.
(BA, Mécanique): En première année de mécanique, deux étudiants me lançaient “tu suces?” à répétition pendant les cours et exercices. Ces étudiants sont même allés jusqu’à me tendre de l’argent devant les autres étudiant·e·s et assistant·e·s et me dire “alors t’avais dit que tu me suçais pour 50-.?”. Personne a réagi.
(BA, Physique): En première année, une partie des coachs avaient fait des paris sur qui des premières passeraient leur année. Les paris étaient fortement contre une de mes amies et moi. Sur les groupes whatsapp, on nous insultait de “putes” et “d’idiotes superficielles” au point que nous avons envisagé de quitter l’EPFL si nous passions pas du premier coup pour ne pas avoir à leur donner raison.
(BA, Physique): En première année à Polynight nous avions croisés deux doctorants que nous ne connaissions pas dans les couloirs de l’EPFL qui nous ont suivi jusqu’à la soirée. Plus tard dans la soirée, ils tentent de nous amener hors du groupe d’amis avec lequel nous étions. Nous avions répété à plusieurs reprises que j’avais à peine 18 ans et que mon amie était même encore mineure. Celui qui me parle tente à plusieurs reprise de me prendre par la taille, de m’éloigner de mon groupe et de m’amener dehors pour « discuter». Je lui dis que je ne suis pas intéressée, que je préfère rester avec mes amis. Il commence à s’agacer et m’attrape alors violemment par le poignet et me tire vers l’extérieur. Sous le choc, je ne réagis pas et me laisse entraîner sur quelques mètres avant de me débattre. Je m’échappe enfin et je lui crie que je n’avais pas envie de lui parler.
(BA, Microtechnique): En première et deuxième année de Microtechnique, ça a commencé par un gentil flirt avec un étudiant, mais il a vite fini en commentaires lubriques, demandes d'échanges de "services", sans cesse m'envoyer des messages à connotation sexuelle… J'aurais voulu me plaindre mais j'ai rien trouvé à l'EPFL pour ça.
(): Il y a 2 ans je me faisais énormément harceler par mon ex qui était à l’EPFL avec moi. Il m’insultait, me manipulait, me mettait la pression et me menaçait par les réseaux sociaux. J’ai conservé toutes les preuves et tous les screenshots et j’ai contacté la cellule respect pour chercher de l’aide parce que je me sentais en danger. Une responsable du harcèlement m’a vite répondue et prise en charge. Comme j’étais en échange à ce moment, tout s’est passé par téléphone. La personne était à l’écoute et j’étais soulagée d’avoir quelqu’un de professionnel qui me prenait en charge.  Cependant, les actions évoquées par la responsable étaient toujours dans le futur.  Elle me disait qu’elle allait parler avec mon harceleur s’il me recontactait, alors que j’avais besoin qu’elle intervienne sur le moment même. Pendant la période d’examen, le harcèlement continuait, mais la responsable m’a dit qu’elle n’allait pas le contacter de peur qu’il soit perturbé et rate ses examens. C’était très frustrant pour moi comme j’étais également en période de stress et subissait cependant son harcèlement. Lorsque la responsable a enfin contacté mon harceleur, j’ai eu l’impression qu’elle le défendait car elle me disait qu’il « n’avait rien nié ni essayé de mentir » et que je ne devais pas déposer une main courante auprès de la police mais juste de recontacter la cellule respect au cas où le harcèlement continuait. Comme s’il était un saint de dire la vérité. Ça m’a frustrée comme je savais qu’il était un manipulateur. Cela ne changeait rien pour moi qu’il avoue de son comportement, j’avais des preuves, ça ne changeait pas ses actes. En plus, je n’avais pas demandé de l’aide pour juste avoir un aveu mais je voulais qu’il comprenne la gravité de ses actes et leurs conséquences. Ce qui n’était pas le cas.Lorsque je suis revenue de mon échange, mon harceleur est venu me voir pour me demander pourquoi j’avais contacté l’EPFL et que je l’avais mis dans une grande situation de stress. Comme si c’était lui la victime. Il m’a clairement montré qu’il n’avait peur de personne et qu’il ne prenait pas la situation au sérieux. Je lui ai dit que s’il me recontactait j’irai voir la police, mais il m’a recontactée et maintenant ça continue même deux ans après.
(BA Microtechnique et BA Sciences de la Vie): Nous sommes deux étudiantes en master, ce qui suit s'est passé quand nous étions en première année de bachelor, et que nous vivions toutes les deux en coloc. On s'était fait deux amis (homme cis) au tout début du premier semestre, on passait beaucoup de temps tous les quatre à faire des soirées,... L'un des deux a commencé à vouloir nous voir plus que ce qu'on souhaitait, on habitait plus ou moins sur son chemin mais il a changé son trajet pour prendre le même bus que nous quasi tous les matins (c'était plus rapide pour lui de prendre le train). La première fois on a trouvé ça sympa, mais c'est vite devenu très lourd. Puis vu que des fois on prenait le bus d'après il a commencé à s'arrêter à notre arrêt, pour s'assurer qu'on soit dans le même bus. Puis il venait jusqu'à notre porte pour nous attendre. Puis devant notre fenêtre qui donnait directement sur la rue. Quand on se réveillait il était là devant notre fenêtre, à attendre qu'on se prépare pour finir le trajet avec nous. On ne savait pas comment lui faire comprendre que ça n'était pas possible. On ne voulait pas lui dire directement de peur de le blesser. Il venait de plus en plus tôt pour ne surtout pas nous louper. Alors on fermait bien tous nos volets pour pas qu'il puisse nous voir nous préparer, on faisait exprès d'être en retard pour qu'il parte sans nous (mais il attendait toujours), on ne lui adressait pas un mot sur le chemin,...Une fois il nous a proposé de refaire une soirée (on n'en faisait plus trop) "tous les quatre" (avec l'autre homme cis donc) chez lui. On a accepté, en se disant que ça nous ferait du bien de se retrouver tous les quatre, que ça remettrait peut être les choses comme avant, plus "normales". On avait déjà fait une soirée chez lui tous les 4, ça s'était très bien passé, on avait dormi les filles dans une chambre, les mecs dans une autre. Mais l'autre homme a décliné au dernier moment. On est quand même allées chez lui, sous la condition qu'on dormait dans la chambre "des filles". Il était ok. Au début on passait une bonne soirée, on dansait on jouait on buvait tranquille. Puis il a commencé à être très bourré, il est devenu plus tactile et insistant. Alors on s'est assises sur le canapé pour ne plus avoir à danser avec lui et lui dansait devant nous, c'était assez gênant mais n'étant pas impliquées nous mêmes, on prenait ça pour un truc marrant. Et au bout d'un moment ça ne lui a pas suffit, il a voulu s'allonger sur nous nous toucher ect, il nous parlait d'histoires de plan à 3 dont il avait entendu parler,... Je me suis vraiment énervée je l'ai éjecté du canapé et crié dessus. Sur le moment ça l'a calmé. Il était tard (tôt le matin plutôt), on était fatiguées, on était déjà plus ou moins en gueule de bois. On a réussi à dire qu'on allait se coucher. On est montées à l'étage, on va pour aller dans la chambre des filles. Lui nous suivait. Et là il commence à avoir des propos très confus, expliquant pourquoi on ne pouvait en fait pas dormir dans la chambre des filles, qu'il fallait qu'on dorme dans sa chambre. On n'était pas chez nous et fatiguées, on a essayé d'insister mais on a fini par dire ok. Dans sa chambre il y avait un grand lit et un canap : on lui a dit que nous on dormait dans le lit et lui dans le canap et comme ça c'était ok pour nous. Il était ok. On a commencé à se mettre dans le lit, et lui, il s'est tout à coup mis en slip puis s'est mis entre nous. On a pété un câble, on lui gueulait de partir, de nous laisser toutes seules mais lui rigolait et faisait semblant de dormir. Finalement on a dormi une petite heure dans ce lit, puis on s'est levés tôt pour "aller en cours" (on voulait qu'une seule chose c'était partir de là). Je cherche mes habits pour me changer et j'entends ma pote gueuler. Je vais voir ce qu'il se passait, je le trouve en train de mettre mes habits. A force de lui crier dessus, il a fini par les enlever et me les rendre. Il voulait nous accompagner en cours, on a réussi par je ne sais plus quelle excuse à l'en empêcher, et on est parties enfin de cet enfer. Heureusement qu'on était deux. Deux pour ajouter de la force à notre non. Deux pour se soutenir. Deux pour se rappeler. Deux aussi pour se persuader que cette situation n'était pas normale, et qu'il fallait la faire cesser. Deux pour se défendre, parce que c'est plus facile de défendre l'autre que de se défendre soi même.

Agressions sexuelles: (TW agressions)

Un de mes “camarades”, qui avait 9 ans de plus que moi, m’a claqué les fesses quand je suis allée écrire au tableau pendant une séance de révisions.
Lors de mon deuxième semestre je suis sortie avec un garçon qui se prétendait féministe. Très rapidement je lui expliqué que j'avais été violée dans mon passé et que toute pénétration était extrêmement difficile pour moi. Quelques semaines plus tard ce même garçon m'a mis contre mon gré des doigts. Je lui ai demandé d'arrêter et il m'a répondu "je sais que tu aimes ça". Il a continué donc j'ai crié que j'avais mal que je voulais qu'il arrête et il a continué. J'ai essayé de me débattre physiquement en essayant de retirer sa main et je n'ai pas réussi. On aurait pu m'éviter de subir un nouveau traumatisme si quelqu'un avait expliqué à ce garçon avant que quand une fille dit non ca veut dire non.
En séance d'exercices un camarade de classe vient me mettre une fessée, alors que j'étais debout penchée sur ma feuille. Il est vite parti avant que je ne puisse réagir. Le même soir, à une soirée coaching, il me remet des fessées, auxquelles je dis clairement "non arrête, touche-moi pa". Il n'a pas arrêté.
En faisant la queue pour rentrer à Sysmic, une soirée de Microtechnique, quelqu'un m'attrape les fesses, et ce n'est pas une tape timide. Je me retourne et je vois un groupe d'étudiants de mon année. Je n'ose pas les interpeller comme c’est des gens que je vois tous les jours en auditoire, et que certains d'entre eux me saluent quand on se croise sur le campus.
A Balélec, la fête d’Halloween SV et d’autres fêtes sur le campus, je me suis retrouvée plusieurs fois dans des situations où on me touchait sans que j’en ait aucune envie ni connaisse les personnes, e.g. toucher les fesses dans la queue, toucher les fesses pendant un concert, prise par la taille, enlacée, etc.
Pendant une soirée étudiante, un étudiant que je ne connaissais pas m'a suivie aux toilettes, jusque dans la cabine. Alors que je lui ai dit clairement de partir, il ne partait pas. J'ai dû le pousser en lui faisant un "chassé" avec le pied pour pouvoir ensuite fermer la porte derrière lui. S'il n'avait pas été aussi ivre, je n'aurais pas pu me défendre. Il faisait bien deux têtes de plus que moi et il avait beaucoup plus de force.
J'étais en première à l'EPFL et la soirée étudiante touchant à sa fin, je rentre chez moi. Un ami qui habitait loin a raté son train alors je lui propose de dormir dans le deuxième lit de ma chambre. Il était un peu plus âgé que moi. On rentre, et pendant la nuit, il propose de regarder un film.  Pendant le film, il a les mains baladeuses. Je ne comprenais pas bien ce qu'il se passait, je me disais que je devais me faire des idées alors je l'ignorais. Puis ça s'est intensifié. Il a poussé l'ordinateur et il s'est allongé sur moi. Je lui ai dit plusieurs fois des petits "non" pour qu'il arrête mais je ne voulais pas être méchante ou agressive . J'étais intimidée par ce comportement inattendu et je n'ai pas osé montrer plus de résistance. Cet homme était un ami, pourquoi il était là? Qu'est-ce que je devais faire? Mon cerveau s'est gelé, je me suis laissée faire.  Pendant l'acte, j'ai du vraiment insister pour que ça s'arrête car j'avais trop mal. J'ai eu mal, pendant puis 3 jours suivant. Puis on s'est endormi. Le lendemain il était encore là, mais rien avait l'air anormal. Il était de nouveau mon pote de soirée. J'ai pas vraiment réalisé sur le moment. Les jours qui suivirent, je n'en ai pas parlé à mes amies alors que d'habitude c'est le genre de ragot qu'on aime partager.  Plusieurs mois plus tard, peut être un an, je l'ai raconté à une amie proche comme une anecdote. C'est elle qui m'a fait me rendre compte que c'était une agression. Pendant tout ce temps, je l'avais surtout enterré sans relever la véritable nature de cette expérience.
Cet été, un garçon de l'EPFL que j’avais vu quelques fois a commencé à m’embrasser et me toucher de façon violent et très entreprenante. N’en ayant pas du tout envie, j’ai essayé de le repousser plusieurs fois avec mes mains, sans qu’il réagisse. Ce n’est que quand je l’ai violemment poussé et dit stop plusieurs fois qu’il s’est enfin arrêté. J’ai eu très peur sur le moment parce qu’il avait beaucoup plus de force que moi.
En première année, alors que je venais tout juste d'avoir 18 ans, un mec de mon amphi que je fréquentais et venu dormir chez moi après une soirée où j'avais beaucoup bu. En arrivant chez moi, le jour était presque en train de se lever et je voulais juste m'effondrer dans mon lit et dormir. Il a commencé à être très entreprenant, je lui ai dit que je n'en avais pas envie, que j'étais fatiguée, que c'était ma première fois et donc que je ne savais pas si je me sentais prête. Il a insisté pendant quelques minutes, en me suppliant. J'ai fini par céder. Je ne me souviens d'absolument rien a part de la douleur que j'ai ressenti. Depuis, j'ai beaucoup de mal avec les relations sexuelles, des douleurs lors de la pénétration et des blocages psychologique qui peuvent intervenir a n'importe quel moment, même avec un partenaire que j'aime et en qui j'ai entièrement confiance.
En première année pendant les séances d’exercices, des étudiants prennent en photo les fesses de l’assistante quand elle a le dos tourné et se passent les images sur leurs smartphones.
Ces faits sont réels et ont encore aujourd'hui un impact majeur sur ma vie. Je suis une femme, cis et hétéro, âge entre 20 et 30 ans. Évènement estudiantin hors campus mais rattaché à l'EPFL. Après une soirée bien arrosée, je vais dormir dans un dortoir au milieu de plusieurs dizaines de personnes. Je suis ivre, à moitié inconsciente, je ne me sens pas en insécurité, j'ai passé une bonne soirée, je suis épuisée et je veux juste dormir. Pourtant, le garçon à côté de moi (que je ne connaissais que de vue et à qui je n'ai pas parlé ce soir là) commence à me dévêtir, me toucher, sur et sous mes vêtements, prendre ma main pour se masturber avec, m'embrasser. Je réagis à peine, dans un état d'ébriété et de fatigue qui ne laisse plus de place au questionnement, je suis complètement passive, comme un objet. Je ne comprends pas vraiment ce qu'il se passe bien que je m'en souvienne. Je me rappelle comme j'étais fatiguée avec le cerveau brouillé. Lorsque ce garçon essaye de s'allonger sur moi, dans l'optique claire d'avoir une relation sexuelle, l'autre personne endormie à côté de moi se réveille et intervient pour faire cesser ces gestes. Je n'ai compris que 5 ans plus tard que j'ai été victime d'une tentative de viol. Sans l'intervention de la 3ème personne, j'aurais été violée. Je n'étais ni en état d'avoir une relation sexuelle, ni en état de consentir à quoique ce soit. J'ai longtemps culpabilisé d'avoir été "surprise" dans cette situation par cette 3eme personne. J'ai longtemps pensé que c'était ma faute. J'ai été abusée. Une personne ivre n'est PAS consentante, jamais. Le lendemain, je vais volontairement dormir à un autre endroit, toujours dans un dortoir avec plein de monde. À côté d'un autre garçon, auquel je tourne le dos. Je pensais qu'il dormait, mais il commence alors à se rapprocher, puis à me toucher le ventre, les cuisses, les fesses en se collant à moi. Je lui demande "tu fais quoi?" Il me répond "je profite de la présence d'une femme". Ce sont ses mots, je m'en souviens encore. Le lendemain, je le lui reproche, il me lance alors "oh ça va, je sais que t'as branlé l'autre gars la veille". Triple sanction : double agression et remise de la faute sur moi. Je sais qui sont ces personnes, je sais qu'ils poursuivent leur vie, je crois que jamais ils n'ont pris conscience de la portée de leur acte. Ce sexisme totalement assimilé, qui laisse penser que l'on peut abuser d'une femme comme on le souhaite, a foutu en l'air tout un pan de ma vie. J'ai longtemps agi comme si ça n'avait aucune importance, pour me protéger. Mais cette prise de conscience est récente et très difficile, et les conséquences très nombreuses. Y'a-t-il un moyen pour que cela ne se reproduise pas ? Combien de victimes encore faut-il pour que ça change ?

Pression mentales: (TW relations abusives)

Pendant mon bachelor je suis sortie longtemps avec un autre étudiant de ma volée. Ça s’est bien passé jusqu’à ce qu’il commence à se mettre en colère quand je n’avais pas envie d’avoir de relation sexuelle avec lui. Il me faisait me sentir terrible quand je refusais. Quand je le lui reprochais il me répondait que c'était comme il était. Qu'il était un connard c'est tout. Ça s’est tellement empiré que j’ai fait des actes que je ne voulais pas juste parce que je supportais pas ce qu'il devenait quand je refusais. Ça a créé une zone d’insécurité et peur intense chez moi face à toute relation sexuelle. Si on avait expliqué à cet homme qu’un oui par peur ou pression mentale n’est pas un oui, je ne serais pas où je suis maintenant.

Homophobie: (TW homophobie)

(BA, Informatique): Je me suis fait des amis assez rapidement en arrivant ici et ils n'ont fait que me ridiculiser et se moquer du fait que je sois lesbienne. J'ai fini par leur dire que ca me derangeait et on a pris mes distances.
(BA, Mathématiques): 4 étudiants assis à la table devant moi étaient en train d'insulter une autre personne dans la salle en la décrivant de "faggot". Puis, ils ont procédé à comparer comment le dire dans leurs différentes langues maternelles. A un autre moment, pendant une soirée, il y avait un étudiant qui, quand il a su que je suis lesbienne, n'arrêtait pas d'essayer de m'expliquer que "ce n'est pas naturel" et "ça n'a aucun sens" selon lui.
(BA, Sciences de l'Environnement): L'année passée, quand je suis entré à l'EPFL en BA1 pour la première fois, j'avais l'habitude d'aller à chaque apéro en début d'année. La plupart du temps, c'était des apéros du coaching ou de ma section. A un de ces apéros, j'ai entendu pour la première fois le "chant": "Les mécas sont des pds". J'étais très mal à l'aise les premières fois que j'ai entendu ça, mais j'étais nouveau et je me suis contenté de me taire, tout en regardant les autres suivent le "mouvement". Je me sentais si mal à chaque fois que j'entendais ce chant. Je me posais la question: "Mais pourquoi est ce que de telles choses sont communément admises sur le campus? C'est impossible que la direction ne soit pas au courant... Est ce que l'EPFL cautionne cela ? Est ce que les homosexuels comme moi ont leur place ici ?". Avec le temps, j'ai commencé a me sentir de plus en plus à l'aise et à avoir de vrais amis. Et quand le chant revenait aux apéros, j'ai commencé à aborder ce problème avec des gens. On me disait que c'était normal et drôle et que ça avait toujours été comme ça et qu'il fallait juste passer par dessus si ça me dérangeait. Plus le temps passait et je supportais cette situation extrêmement lourde, plus ma colère grandissait. L'événement qui m'a le plus choqué, c'était le souper de la section SIE. Alors que nous étions tous à table, les masters, à leur table, on commencé à hurler en cœur " Les mécas c'est des pds". Et comme cela créait une dynamique "festive/conviviale", tout le monde a suivi comme des moutons. Même mes amis. J'étais à une table de 20 personnes, et j'étais le seul à ne pas chanter en frappant sur la table. J'ai fixé mes amis avec un regard noir et me suis énervé. Je leur ai demandé de cesser cette horreur immédiatement. Ils ont compris que quelque chose ne jouait pas, que ce que tout le monde était en train de faire n'était pas juste, et ils ont donc arrêté. Les masters, quand à eux, ont continué pendant 5 longues et interminables minutes. C'était horrifiant. Je garderai toujours de cette soirée l'image de cette fille de mon année assise en face de moi et qui hurlait "les mécas c'est des pds". Je me l'était toujours représenté comme une fille douce, attentionnée et intelligente. Et là devant moi, elle s'était transformée en un mouton, un mouton qui suivait les bergers de l'oppression passive, une étudiante lambda qui se pliait aux normes sociales admises sur le campus et dictées par la majorité des garçons, ces garçons emplis d'une masculinité toxique qui ravage et oppresse tout ce qui ne correspond pas à la vision dystopique et biaisée de la société patriarcale. A chaque fois que j'entendais le chant aux apéros et fêtes, j'en parlais ensuite à ma coach. Je crois que ça l'a vraiment marqué au bout de la troisième fois et elle a clairement vu le mal-être et l'anormalité de la chose. Elle en a donc fait part au super coach, et je crois que je n'étais pas le seul à m'être plaint de cette absurdité. Le coaching avait décidé (il me semble) d'être plus attentif à ça. Cette année, j'ai décidé de m'investir afin de pouvoir attaquer frontalement cette dynamique de masculinité toxique et pour protéger les personnes et notamment les premières années, qui n'osent pas se révolter et encaissent cette oppression au dépit de leur santé mentale. Je suis donc devenu membre du coaching SIE. Dans ma candidature j'ai énormément dénoncer ces problèmes et ma super coach me soutient totalement là-dedans. Je suis également membre de AGEPolytique, ce qui me permet de faire remonter des informations directement auprès de l'AGEPoly et de faire entendre ma voix pour celles et ceux à qui l'on dit "Tais-toi et supporte".
Plutôt dans l'oubli, dans toutes les conférences "pour les femmes" on parle souvent de trouver le mari idéal... mais si notre idéal c'est une (ou plus) meuf ?

Transphobie: (TW transphobie)

(BA, Informatique): Transphobie assumée dans le groupe whatsapp de propé d'informatique, année 2018-2019, où la discussion, après être partie sur le thème de la transidentité, voit apparaître des messages comme "Trans rights ? Mouais, les idiots qui revendiquent leurs droits ?" ou bien autres inventions particulièrement subtiles comme "I'm bi trans double sided quaternion spin sexual". Mes chous, je ne vous en veux pas, c'est juste un peu gênant là donc faites mieux la prochaine fois.